Bon, daccord, le mot
est un peu fort ; contrairement aux nombreux autres artistes pour qui ce
mot est employé, les Libertines ne sont pas morts
Pas encore, devrai-je même
dire, compte tenu de la personnalité et des habitudes de Pete Doherty
Mais là
nest pas la question. Pourquoi ce « Tribute » donc ? Eh
bien parce que ce groupe phare des deux dernières années en Angleterre sest
séparé il y a peu pour le plus grand malheur de ses fans.
Flash back sur le parcours
dun groupe qui marquera le rock des années 2000.
Tout commence avec la rencontre
entre Carl Barât et Pete Doherty. Carl vit dans un squat et découvre le petit
frère dune de ses co-squatteuses. Très vite, ils commencent à écrire des
chansons ensembles, et le squat se transformera en salle de concert improvisée.
Vous laurez deviné, la scène se passe à Londres, plus exactement au sommet de
Camden Road, déjà célèbre dans la légende du rock (les membres de Blur se
seraient par exemple réconciliés devant un des graffitis de Camden Road). De
légendes, lhistoire des Libertines nen manque pas, cest pourquoi nous allons
très vite ici faire un petit saut dans le temps
Lhistoire commence donc en Juin
2002, avec la sortie officielle du premier single du groupe, « What a
waster » qui ne marquera pas les charts anglais, mais débute en beauté une
carrière prometteuse. Accompagné en face B de lexcellent « I get
along », « What a waster » annonce la couleur, un rock fort,
musclé (à limage du musculeux batteur du groupe), mais où le plaisir de jouer
explose. Les Libertines commencent alors une très longue tournée, en première
partie de groupes quils dépasseront très vite (The Strokes, The Vines) ou de
légendes comme The Sex Pistols, avant de devenir leur propre tête daffiches
dans de petites salles partout en Europe.
Ce qui marque le plus avec ce
groupe, cest bien le plaisir du jeu, le plaisir de la scène qui sexprimera
tout au long de leur parcours et créera leur formidable réputation. En France,
peu déchos, si ce nest grâce aux Inrockuptibles qui publieront le single dans
leur compil annuelle.
En septembre, le single « Up
the bracket », encore plus musclé que le précédent vient accompagner la
sortie de leur premier album du même nom. Une fois encore, lalbum ne restera
pas gravé dans la mémoire des charts anglais, mais sûrement dans celle des fans
qui achètent ce premier album. Douze titres pour cet album, et des chansons
qui, presque toutes, auraient pu sortir en single. Nous nen citerons que
quelques unes ici, mais si vous voulez vous faire une idée sur The Libertines,
écoutez « The boy looked at Johnny », « Time for
heroes », « Begging » et bien sur « Boys in the
band ». Tous ces titres rassemblés forment un ensemble assez étonnant,
comme sil sagissait dun album live, sans le public. Une nouvelle fois le
plaisir de chanter, lénergie communicative de ces deux drôles de types nous
fait vibrer.
The Libertines enchaînent alors
une longue tournée pour le plus grand plaisir de fans de plus en plus nombreux,
et sadonnent surtout à leur pêché mignon : le secret gig. Oui, les
concerts secrets, plus ou moins improvisés, dans des bars et des clubs
(notamment leur/mon préféré, le Barfly de Camden !!!) mais aussi chez eux
forgeant un peu plus encore la légende.
Août 2003 est à la fois le temps
de la consécration et le début de la fin. On sait que nos quatre amis préparent
un deuxième album, sauront-ils confirmer ? Un single impromptu nous donne
un premier élément de réponse : « Dont look back into the sun »
est leur meilleur titre, un pur plaisir, et fera vibrer à la fois les charts et
les clubbers, il ne se passe pas une soirée Indie sans ce titre des Libertines.
Pourtant, les problèmes saccumulent, Pete ne parvient pas à se sevrer de ses
problèmes de drogue et en vient même à cambrioler son ami Carl ! Il
passera quelques semaines en prison. Tout le monde croit alors les Libertines
finis, et le second album enterré. Cest pourtant là que la légende va se
poursuivre et que le groupe va définitivement se faire sa place dans les médias
anglais : le 8 octobre, Carl vient chercher Pete a sa sortie de prison et
lentraîne aussitôt vers Chatham, son nouvel appartement, pour un nouveau
concert, le fameux « freedom gig » !
Pendant deux mois, le groupe
enchaînera les concerts surprise, prévenant les fans sur leur forum quelques
minutes seulement avant dentrer en scène, devant des salles combles. Mais un
nouvel événement est annoncé, une série de trois concert au Forum de Kentish
Town, qui seront complets en quelques heures. Trois concerts de folie, marqués
par des invasions de scène, les stage diving de Pete et les difficultés de la
sécurité à contenir tant la foule que le groupe. Pour retrouver la chronique de
ce concert auquel jai eu la chance de participer : http://shamrock.lyon.free.fr.
2004 commence beaucoup plus
calmement pour nos compères, mais les problèmes et les dissensions se font jour
dans le groupe. Celui-ci joue lun de ces derniers live dans sa configuration
historique lors dun happening au club Infinity en Juin. Pete est envoyé en
France en cure de désintoxication pour lété tandis que le reste du groupe
apprend à jouer sans lui. Pourtant, début juillet, on annonce officiellement
larrivée dun second album, et le premier single « Cant stand me
now » sortira le 9 août et se classera rapidement second des charts
anglais.
Le second album sort donc
officiellement le 30 août, et va devoir faire face aux doutes des fans et des
critiques. Pourtant, dés la première écoute, cest le choc. « Cant stand
me now » illustre parfaitement lénergie et les qualités du groupe, le
clip sera dailleurs illustré par des scènes du fameux concert au forum. On
tombe littéralement amoureux de ce second album produit par un ancien Clash et
de titres tels que « Dont be shy » ou « What Katie Did »,
on succombe également à la force de titres comme « Campaign of hate »
ou « Arbeit Macht Frei ». Mais le dernier morceau de lalbum, bien
quexcellent, laissera un goût amer aux fans. « What became of the likely
lads » sonne en effet réellement comme un testament, lhistoire du groupe
qui est finalement parvenu en tête des ventes avec son album.
Pete continue à lutter contre ses
problèmes de drogue, mais il semble bien que la rupture soit consommée. En
décembre, à Paris, The Libertines (sans Pete) jouent un dernier set lors dun
concert événement avec PJ Harvey (qui annoncera elle aussi sa retraite). La
consécration arrive trop tard (NME Award
) et les déclarations volent bas.
Que sont-ils devenus ?
Carl projette de monter un
nouveau groupe et John le bassiste est le nouveau leader de Yeti. Actuellement,
cest surtout Pete qui fait lactualité. Babyshambles, son nouveau groupe,
entre en studio et multiplie les concerts plus ou moins réussi (lun a notamment
du être annulé pour cause démeute, un autre pour cause de Pete trop défoncé ou
encore du fait de ses démêlés avec la justice, et inversement, le nouvel an fut
prolifique puisque Pete sest produit sur quatre scènes du pays durant la
nuit). Pourtant, ce nest pas par sa musique que Pete fait lactualité. Il fait
surtout la joie des amateurs de faits divers et de presse people du fait de son
arrestation pour violences, ou encore pour sa liaison (étonnante je vous
laccorde) avec Kate Moss. Récemment encore, les magazines anglais les plus
chics titraient « Ten reasons to like Pete Doherty ». Effarant
non ?
Cest donc avec amertume que je
conclurai ces quelques lignes sur lhistoire dun groupe que jadore et qui
mérite vraiment dêtre découvert. Les dernières dépêches sont plus rassurantes
puisque Carl, John et Gary envisageraient de recollaborer ensemble dici un ou
deux ans, avec ou sans le Grand Pete ? La question reste ouverte
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