Coups de gueule

Vendredi 17 décembre 2004

Le geste de Cantat laisse toute la génération des 18-30 ans orphelins d’un groupe qui les avait accompagnés dans leur formation civique, politique et musicale. Pour les plus jeunes le choc est beaucoup moins important, mais l’absence de Noir Désir les laisse désormais avec pour seul modèle les délires libidineux d’un Kyo trop commercial.

 

Une affirmation basse et gratuite je vous l’accorde, mais elle va me permettre de prolonger ici cette réflexion. Qui va pouvoir servir de modèle à une jeune génération qui n’a désormais dans les oreilles que des Lorie, Britney ou Star Ac’ ? Ce ne sont pas les radios qui vont faire l’apologie des grands groupes rock, ni encore moins les parents de ces ados qui vont venir glorifier des « idoles droguées » aux destins tragiques : Sid Vicious qui assassine sa petite amie avant de mourir d’overdose, Cobain suicidé, Morrison disparu dans d’étranges circonstances et Jeff Buckley qui connaît un destin à peine plus enviable. (Sur ce sujet, je suggère d’ailleurs de réécouter la chanson de Jane Birkin « Ex fan des sixties »).

Quel avenir donc ? En France, Les Inrockuptibles se fourvoient dans une ligne pseudo élitiste et Rolling Stone fait la part belle aux idoles jeunes (regardez sa dernière couv’ : Beyonce !!!). Seuls subsistent quelques programmes radiophoniques de qualité comme « C’est Lenoir » sur France Inter, un ancien des enfants du rock qui a découvert en France des groupes comme Muse, Placebo ou encore Portishead et organise chaque année la très pointue programmation de La Route du Rock.

J’écrivais il y a peu au sujet de l’excellent « Rock Academy » que « Le rock n’est pas mort ! ». En effet, les pays anglo-saxons nous fournissent encore une musique de qualité même si elle est fortement dénuée de portée symbolique ou contestataire… Notons parmi tant d’autres les Américains de The White Stripes, les Anglais de The Libertines ou encore les Australiens de Jet. Par contre, la production française semble belle et bien en deuil : les groupes populaires comme Louise Attaque ou Matmatah ont disparu, d’excellents groupes comme Dionysos n’ont, eux non plus, aucune dimension libertaire (c’est d’ailleurs tout à fait leur droit). Finalement, la chanson à texte française est désormais aux mains de songwriters comme l’excellent Miossec ou l’opportuniste Biolay, mais difficile de retrouver dans ces magnifiques artistes la morgue d’un Noir Désir. On ne sauvera peut-être de cet océan de critiques que Mickey 3D qui sait produire des rythmes entraînants sur des textes acerbes, même si le succès les a sérieusement assagis. Dans les derniers concerts où je suis allé, je me suis senti un « vieux con » au milieu de toutes ces minettes de 15 ans déguisées en fausses gothiques et hurlant devant Nicolas Sirkis ou Brian Molko comme elles l’auraient fait il y a dix ans devant Patrick Bruel !

Vous l’aurez je l’espère compris, je ne cherche pas ici à détruire systématiquement une musique française que j’adore mais tout simplement à faire part d’un manque profond, d’une déception dont la disparition de Noir Désir n’est finalement que le symbole. Cri du cœur désabusé, ne voyons dans ce texte qu’une envie, celle de voir le Rock et une certaine mouvance libertaire renaître comme dans les 70’s et retrouver sa place dans les médias.

 

Quoi que puissent en dire les biens pensant, il y a sûrement plus à retirer en matière d’éducation et de formation de sa personnalité à écouter mes chers vieux drogués qu’à larver devant Star Academy !

 

 

Pour une première diffusion publique, je tiens cependant à préciser que cette conclusion ne vise pas à faire l'apologie de drogues que je réprouve, mais juste à établir un constat (forcement subjectif) du paysage musical...

Par Rems
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Dimanche 19 décembre 2004
Furax !
Un seul mot, furax !
Voilà mon sentiment cet après-midi après avoir visité le site de NME...
Furax d'abord contre la RATP, qui organise un concert évènement de folie avec mon groupe préféré du moment, The Libertines, et ma chère PJ Harvey ; mais qui limite les heureux veinards à 350 personnes, choisies parce qu'elles auront envoyées des tonnes de SMS pour gagner ! (Bravo le concert gratuit !).
Furax aussi car non seulement je n'y étais pas, mais j'apprends aujourd'hui qu'il s'agissait du dernier concert des Libertines et que PJ Harvey y a également annoncé que ce serait son dernier Live !!!
Donc voilà, encore deux artistes formidables qui nous lachent !
Heureusement, j'avais réussi à voir The Libertines à Londres (check http://shamrock.lyon.free.fr pour la review), mais pas PJ ! Shit!
La liste de mes loupés s'allonge encore : après Noir Désir que je ne verrai jamais, voici PJ Harvey, sans parler des " anciens " mais là je n'y peut rien, je n'étais pas né...
 
Un seul conseil pour vous tous donc : n'hésitez pas, foncez des que vous en avez l'occasion. Plus vous repoussez, plus vous prenez de risque !
 
Cela dit, c'est avec cette philosophie qu'on se retrouve à payer 75€ un concert de Radiohead, je sais, mais bon : 75€ pour voir Radiohead au 5e rang de la fosse pour un concert de 2h au milieu de 25 000 anglais déchaînés : une expérience mémorable !
 
Voilà, tout ca pour vous livrer mon aigreur en ce dimanche après-midi ou encore une fois un rève musical s'écroule...
Par Rems
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Mercredi 22 décembre 2004
Les fêtes n’ont pas encore commencé et voyez la bile que j’ai à déverser… Il y a des périodes comme ça où on a envie de tout critiquer. Et puis après tout, qui me lirait, si mon blog se contentait de dire « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil… ». Bon d’accord, c’est un postulat déjà extrêmement optimiste d’envisager que des gens lisent ces lignes, mais sait-on jamais…Après l’épisode ombrageux de l’appel téléphonique, je tentais donc de rentrer tranquillement chez moi. Je dis bien tentais car prendre le métro en période de Noël relève de la haute voltige… C’est blindé de monde, une grande perche comme moi ne peut même pas mettre un pied devant l’autre sans marcher sur la personne devant soi. Mais trêve de digressions, j’essayais donc de prendre le métro. La ligne D s’arrête, devant moi, seulement 3 personnes, et un métro qui se vide quasi-complètement… Je me dis donc que je vais pouvoir rentrer presque tranquillement… Et pourtant non ! J’avais oublié que la ligne D est une ligne automatique. Une ligne automatique c’est génial : pas de conducteur qui se met en grève, un métro toutes les 2 minutes en heures de pointe… le pied quoi. La seule ligne que vous êtes à peu près sur de prendre dans n’importe quelles conditions (sauf quand l’alimentation électrique déconne, ou que quelques gros malins décident de faire le trajet à pied via les voies plutôt que d’attendre la reprise du trafic). Mais voilà, qui dit ligne automatique, dit également tout automatique, et notamment le temps d’arrêt en station. Si bien que des trois personnes devant moi, une seule est rentrée, une fillette qui devait avoir à peine 10 ans et se retrouve séparée de ses parents… et moi je reste comme un con bloqué sur le quai… Bon, je sais c’est pas dramatique, mais il y a des jours comme ça, où tout s’acharne et où de fait, moi aussi je m’acharne ! GNARK !
Par Rems
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