Jeudi 12 mai 2005

Voilà, on en parlait depuis longtemps, de nombreuses rumeurs avaient circulé, et c’est fait… le week-end des aventuriers de l’ascension a bien eu lieu !

Tout a commencé par de longues discussions. Nous devions d’abord aller clubber à Londres, pour se faire un petit revival de ces mois de folie passés là-bas. Mais les tarifs prohibitifs et la réticence de notre ami Rico à rencontrer les rosbifs a jeté un froid et ce projet est tombé à l’eau (blague ?). Le projet suivant était un petit voyage à Amsterdam pour visiter les musées, dire bonjour aux tulipes, et pourquoi pas aller faire un petit coucou à Philou (spéciale dédicace à Palombie ;) ). A nouveau, ce projet est abandonné pour d’obscures raisons…

Lors d’un long débat avec Rico, les propositions fusent, mais mes talents de négociateur en prennent un coup et ma location de gîte au fin fond de nulle par fait long feu… ce sera donc le canoë !

 

Quelques semaines plus tard l’équipe est constituée, et les 6 aventuriers que nous sommes allons nous préparer pour le départ… 65 Kms de descente dans les gorges de l’Ardèche, deux nuits sous la tente dans des endroits indéterminés… un programme chargé pour des aventuriers plus habitués à leur confort quotidien qu’aux trips improvisés…

Les équipes donc :  (et la couleur des commentaires)

Les « amoureux » : Rico et Ele

Les « vieux » : Phil et Agathe

(la prochaine fois, j’apporterai des Werters Originals, car il faut reconnaître que ces p’tits jeunes sont eux aussi des personnes exceptionnelles ;o lol…)

Les « p’tits jeunes » : Amélie et votre serviteur.

 

Dés le matin la lutte commence, il va falloir caser dans le bidon étanche des tonnes de vêtements, de quoi manger pendant 3 jours (vive les saladières Saupiquet, même si on a finalement fait une indigestion), le carburant indispensable (William Peel - surtout pour certains)… sans oublier les difficultés pour se remettre des kilomètres de voitures dans les monts ardéchois où j’ai bien cru que Rico cherchait à m’assassiner ! (ça bougeait à l’arrière Rémy ??? ;-)

 

A notre arrivée à Vallon Pont d’Arc, où nous laisserons pour trois jours les voitures et nos derniers liens avec la civilisation, nous sommes briefés par James, charmant Anglais (ils sont partout). James nous amène finalement au point de départ, nous abreuvant de conseils et surtout arrimant nos tentes sur les canots le plus hermétiquement possible… on annonce des retournements en série, mais je préfèrerai dormir au sec !(et le Dieu Canard t’exaucera) Le départ était prévu pour au plus tard 11h afin de ne pas arriver trop tard au camping, mais il est finalement plus de 13h quand nous démarrons enfin… le ventre vide… Un départ difficile pour les vieux qui tournent en rond(il est vraiment sans pitié avec les personnes âgées ce Rémy…Aucun respect !  ;-), et pour nous tous qui découvrons les joies du pagayage. Finalement la pause déjeuner sera la bienvenue, d’autant plus qu’elle va permettre de commencer la désormais célèbre « Canard Attitude »(célèbre, c’est le bon qualificatif je crois) et de la généraliser à toute l’équipe. Après avoir subi les asseaux de deux canards obèses, nous redémarrons pour de bons, avec encore 4 bonnes heures de route devant nous… Après quelques arrêts indispensables pour vider les canoës, ma coéquipière manque de finir sa journée à l’eau à l’issue d’un joyeux rapide. Nous en profitons pour regarder les autres arriver. Rico et Ele qui tanguaient dangereusement sous leur furieux coups de pagaies finissent par se retourner au milieu du courant et on découvre les talents cachés de Phil dont le plongeon de sauvetage n’a décidément rien à envier à David Hasselhof(j’avais participé au pilote d’ ‘Ardèche Watch’, mais ça n’a pas marché finalement…). La fin du chemin vers le camping se fera d’autant plus rapidement que nos trois amis sont désormais trempés et pressés de se réchauffer. D’aucuns se lancent alors dans un pagayage frénétique et musclé, afin d’arriver au plus vite au tant attendu camping de la Bastide (le premier sur la route, pas possible d’attendre encore une heure).

 

Les six aventuriers feront alors sensation lors de leur arrivée au camping, rempli de Hollandais confortablement installés, là où nous arrivons avec pour tout bagage 6 pagaies, 6 gros bidons et 2 sacs poubelles cachant les tentes… Après des douches bien méritées, nous devons sempiternellement (fait pas ton blaise)  expliquer notre aventure aux campeurs étonnés, tout en se réchauffant (merci William) (un GRAND MERCI William. D’habitude, c’est mon ami William Saurin que je remercie, mais j’avoue avoir été ravi de faire la connaissance de Peel ;-).

Bidons et pagaies sont recyclés en étendoir à linge, et les vêtements fleurissent sur l’aire qui nous est attribuée. Le montage de tente se fait en à peine 10 minutes, sous les yeux étonnés de nos aventuriers citadins et nous hésitons longuement à participer au Karaoke du camping, mais optons finalement pour une partie de jungle speed sous la tente, dans le noir, sensations fortes assurées !

 

Quelques heures de sommeil bien méritées et tout le monde se réveille spontanément à la lumière du jour et sous les assauts répétés d’un sol ma foi fort dur… Nous profitons des derniers moments de civilisation pour prendre un vrai café et une vraie douche. Puis le démontage des tentes commence. Finalement il est déjà midi quand nous sommes prêts à démarrer. .(ça me rappelle un sketch des inconnus ou des policiers où des policiers se décident finalement à prendre l’escalier. Il est 9h30…euh non, pas tout à fait… il est 11h30….). Beaucoup de franchissements de barrage en perspective.

 

Revoici donc nos aventuriers en route. Cette partie nord de l’Ardèche est truffée de barrages et donc extrêmement profonde et calme. Pas une goutte de courant et nous voici donc obligés de pagayer beaucoup pour avancer. Les trois canoës se suivent à petite distance et voici que nous nous croyons dans le premier épisode du Seigneur des Anneaux. Pour un peu, on verrait débarquer des orcs et les tours du Gondor ! (plus j’y repense et plus je trouve cette comparaison justifiée : c’était vraiment grandiose de se retrouver seuls dans cette grande étendue… ;-) Heureusement les glissières des barrages viennent mettre un peu d’animation. C’est ainsi que les vieux échoués après une glissière un peu traître nous remettrons dans la bonne direction du courant J(On a même été photographié par des vieux (des vrais cette fois-ci) en balade sur le barrage. La posture n’était pas très flatteuse…mais bon, j’ai quand-même renoncé à demander des droits là-dessus ! ;-)

 

Pourtant l’aventure continue et voici que nous arrivons à un barrage sans glissières. Après de longues tergiversations nous trouvons le pseudo débarcadère. Et là, c’est le drame ! Il faut tirer les canoes un par un sur une distance assez importante, avant de les faire descendre a pic, pour arriver dans un petit bassin, puis les guider vers le retour à la rivière… Manœuvre périlleuse qui finalement se passera très bien… heureusement !

Le deuxième franchissement à pied est plus simple… et beaucoup plus amusant. Nous commençons par mettre pied à terre (ou plutôt pied à l’eau) au milieu d’une famille en plein pique nique puis traînons nos embarcations jusqu’à la rivière. Ô surprise, il y a une petite cascade à franchir. Poussés par Phil et moi, Rico et Ele la sautent sans problème (on a qd même failli y passer…). Nous décidons d’en faire autant avec Phil, pendant que les filles attendent tranquillement en bas. Mais la cascade s’avèrera capricieuse et Phil va une nouvelle fois se sacrifier pour éviter un retournement impromptu (pour sauver ton cul surtout!)(c’est très romancé…mais bon, il faut bien ça pour en faire un moment d’anthologie ;-). Nous reprenons enfin notre route avant d’arriver a quelques pas de notre loueur (Océanide Canoes, désolé j’avais oublié de faire de la pub)(Est-ce que tu vas toucher quelque chose là-dessus ? ça ressemble quand-même beaucoup à un placement publicitaire dans un contenu éditorial ?? ;-)))). Nous déjeunons, et une partie de l’équipe en profite pour retourner faire des provisions… La pause s’éternise et nous permet notamment de bien rire en voyant un groupe démarrer, avec deux demoiselles qui tournent en rond pendant bien longtemps avant de démarrer. L’occasion d’un petit pari rigolo avec Agathe. Je lui assure que nous les rattraperons avant la fin de la journée. Quand près de deux heures plus tard nous repartons, mon pari semble à l’eau… et pourtant, à peine dix minutes plus tard, nous voici nez à nez avec elles, à l’envers dans un rapide (on bien cru qu’on allait y passer sur ce coup là !)…  !

 

Nous n’avons pas encore atteint le Pont d’Arc et les ennuis s’enchaînent… Phil et Agathe sont coincés en travers entre deux rochers… d’autres canoës passent quand tout à coup, nous voyons un canoë vert retourné, me voici prêt pour un nouvel épisode d’Alerte à Malibu, mais fausse alerte, ce n’était qu’un remorquage, et voici nos deux vieux frais et dispos qui arrivent et en profitent pour nous doubler ! (il faut toujours se méfier du vieux marchand de légumes dans les films de Kung-fu. Il a l’air rabougri et impotent, mais c’est un maître en fait… ;-) Quelques mètres plus loin, ce sont Rico et Ele qui se sont retournés une seconde fois, sans dommage cette fois (occasion de vanter le courage d'Ele qui repart sans broncher). Nous arrivons alors dans des rapides particulièrement sportifs… les vagues font plus penser à la mer qu’à une rivière, mais nous finissons tous par passer sans encombres et ô surprise encore, nous nous retrouvons nez à nez pierre avec le Pont d’Arc… Le reste de la descente se fera sans anicroches, et nous entrons dans les gorges, même si la fatigue se fait sentir… plus de nouvelles des premiers équipages, Amélie et moi commençons à nous demander quand nous finirons par les revoir quand tout à coup, à la sortie d’un rapide, nous trouvons nos quatre amis dans l’eau… ils venaient de se retourner tous au même endroit, et nous découvrons que rien ne sert de ramer comme des cinglés, l’avance finale en fin de journée ne s’élevant finalement qu’à quelques minutes ;). Agathe en est quitte pour une belle frayeur, coincée qu’elle était sous son canoë retourné, mais finalement plus de peur que de mal. Quelques mètres plus loin, c’est le fameux bivouac de Gaud !

(on était franchement content de le voir celui-là !!)

 

Bonne nouvelle, il dispose de sanitaires (enfin, si l’on peut appeler cela des sanitaires vu leur état à la fin de la journée…). De fait ce bivouac est impressionnant. De la plage on ne découvre qu’un petit escalier dans le sable qui monte vers la montagne, mais quand on arrive en haut de cet escalier, c’est une grande plaine remplie de tentes et de barbecues que l’on découvre. Nous reprenons le rituel de la veille, sans les regards hallucinés des touristes puisque tout le monde est arrivé à la rame ! William s’avèrera une nouvelle fois fort requinquant(plus que jamais d’ailleurs !), puis Phil et moi décidons de nous délester de ce poids mort(joli métaphore, c’est presque de la poésie ;-)… Une longue discussion autour de William s’amorce(il faut reconnaître qu’il est vraiment chaleureux ce William), alors que les autres sont au chaud sous les tentes… Attention, les tentes ont des oreilles et les canards guettent la moindre connerie ! Mon tibia se souviendra longtemps de cette bouteille mise sur le cul (tiens ça me fait penser que j’oubliais les blagues spirituelles du premier soir… Nevermind), le Kro appelé en fin de soirée s’en souviendra aussi, il paraît que nous avons traumatisé sa sœur… tant pis.

 

Après une bonne nuit de repos, nous nous réveillons moins frais et dispo, les épaules commencent à être dures, sans parler des mains qui pourraient éclairer un village entier tant elles sont couvertes d’ampoules (parle pour toi moi j'en ai pas eu d'abord!). Nous repartons cependant assez tôt (10h), pour ce qui s’annonce comme 5 heures de navigation dans les gorges.

 

Le paysage est exceptionnel, mais les bras sont durs, tout comme ma tête et celle de Phil.(pas torchon, chiffon, carpète…mais un peu imbibé quand-même… ;-) Après deux heures de pagayage, la pause repas s’avère nécessaire, et c’est une équipe amorphe qui déjeune. Pourtant après quelques bonnes saladières (il faut vraiment que Saupiquet nous sponsorise pour le prochain trip, avec toute la pub qu’on leur fait !) William et la fatigue sont oubliés et nous repartons d’autant plus rapidement… Après avoir doublé un nombre conséquents de canoës, nous arrivons dans une longue ligne droite en plein soleil. Une bataille s’engage entre jeunes et vieux. Ces derniers nous font faire un 360 et reprennent la tête (enfin pas tout à fait puisque notre petit couple est loin devant). Vexés, nous cravachons comme des fous pour leur rendre la pareil, avec un petit arrosage en prime.

 

Finalement, après seulement trois heures de nav’ nous découvrons avec surprise que l’on est déjà arrivé. Un S….. de loueur de canoës (les violet et orange, à éviter) nous oriente vers le mauvais débarcadère, et manquera de nous valoir un PV (quel c.. ce mec ! RRRrrrrhhh…), tandis qu’Océanide vient nous rechercher. Le retour se fait sans encombres, même si cela secoue beaucoup dans le minibus. Quelques heures plus tard nous voilà de retour à Lyon, bardés de souvenirs que nous évoquerons avec plaisir le soir au Soleil Levant.

 

Le Barberousse est lâchement abandonné pour ce week-end (il y a longtemps que ce n’était pas arrivé) mais la fatigue commence à se faire sentir et une bonne nuit de sommeil n’était vraiment pas de trop.(En plus, on était déjà sorti avec William la veille, donc pas de regrets ni de culpabilité…on retrouvera le Che une autre fois… ;-)


Voici la fin de ces aventures formidables en Ardèche… j’ai sûrement déjà oublié des tonnes de détails, mais compte bien sur les récits croisés de mes partenaires pour y remédier.

 

This is the End, my friend.

 

NP : London Playlist.

 

Ce petit « river trip » en Ardèche restera pour moi un excellent souvenir. Convivialité, bonne humeur, franche camaraderie et parfois même beuverie (n’est-ce pas William ? notre ami imaginaire), le tout dans un environnement sauvage et hostile (il faut pas que j’en fasse trop quand-même, ça va finir par faire pitch de film catastrophe…), tous les ingrédients été effectivement réunis pour un cocktail d’anthologie.

Le tout dans le plus pur respect de la Canard Attitude, ce qui ajoute encore à l’intensité de l’expérience.

 

Un grand merci à tous pour ces moments partagés.

 

Pour la « Rivière Sauvage 2 » (le retour du courant qui tue), c’est quand vous voulez.

Je re-signe !!!! et plutôt deux fois qu’une….

 

Amis Canards, Bonsoir et Bonne Route !

par Rems publié dans : Sport
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Mardi 22 mars 2005
Alors, ca y est, Rouen est en demi finale du Championnat de France de Hockey sur Glace !

Premier match ce soir, avec une victoire à l'arrachée aux tirs aux buts contre Mulhouse, il reste à faire pareil mercredi et vendredi...

Allez Rouen Allez !!!

Bon, bonne soirée... et à bientôt pour la suite du feuilleton...
par Rems publié dans : Sport
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 12 mars 2005
Rouen : 5 - Amiens : 2

Allez le RHE !

Rouen Hockey Elite 76, en route pour la finale !


par Rems publié dans : Sport
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander

Le mot du jour

Le capitalisme a vaincu le communisme,
il ne lui reste plus qu'à se dévorer lui-même.
Charles Bukowski

Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
logiciel pour creer un site sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus